Rythmée par l’épidémie de Covid 19, l’année 2020 a aussi été marquée par une augmentation des signalements et des procédures concernant le harcèlement sexuel. Le milieu professionnel est particulièrement visé, théâtre régulier d’un sexisme ordinaire contre lequel de plus en plus de femmes se hissent, parlent et dénoncent des actes et des comportements condamnables.

De #metoo à #balancetonporc, en passant par le récent #balancetonstage, les réactions et les initiatives se multiplient avec un objectif commun : ne rien lâcher !

#balancetonstage, un guide pour les étudiants.

« Tu veux t’assoir sur mes genoux ? », « Avec ces longues jambes, tu peux poser toutes les questions que tu veux », « Pense à la planète, ne mets pas de clim et enlève ton t-shirt » Du sexisme ordinaire à l’outrage sexiste dégradant, la page Instagram @BalanceTonStage a jeté un gros pavé dans la marre des réseaux sociaux en donnant la parole aux stagiaires, victimes privilégier d’harcèlement sexuel en entreprise.

Lancée dans le milieu de l’été, la page a déjà dépassé les 10.000 abonnés. « Dès ma première expérience de stagiaire, j’ai été confronté à des remarques déplacées sur ma vie intime et des discours stéréotypés sur la façon de travailler des femmes. Bref, du sexisme ordinaire », expliquait Camille, à l’initiative de #balancetonstage, au quotidien Les Échos.

Avec l’aide de deux camarades elle a même édité un Petit manuel du sexisme en entreprise accessible gratuitement sur Instagram. Véritable guide illustré, cet ouvrage est destiné principalement aux stagiaires pour apprendre à identifier les situations de sexisme et acquérir les réflexes pour s’en protéger et les dénoncer.

Faire appliquer la loi.

Insultes, propositions dégradantes, comportements agressifs, la liste est longue pour citer l’ensemble des formes que peut prendre le harcèlement sexuel au travail.

Une femme sur cinq en serait victime au cours de sa carrière, selon les chiffres du site egalite-femmes-hommes.gouv.fr.

Un constat toujours alarmant alors que peu de mesures concrètes ont été prises pour lutter contre ce délit clairement identifié dans le code du travail : « Aucun salarié ne doit subir des faits de harcèlement sexuel, constitué par des propos ou comportements à connotation sexuelle répétés qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante », sous peine de sanction civiles et pénales.

Craindre de perdre son emploi ou être placardisé représentent les angoisses majeures qui empêchent les victimes de parler. Pour avancer, un premier levier a été actionné début 2019 : la loi impose désormais à certaines entreprises de disposer d’un référent harcèlement sexuel.

Pour les structures de plus de 10 salariés, un référent membre du CSE (Conseil Social d’Entreprise) doit être nommé. Pour celles de plus de 250 salariés, deux référents doivent être choisis, l’un au sein et l’autre en dehors du CSE.

En ce qui concerne ses moyens d’action, la loi reste floue : « orienter, informer et accompagner les salariés en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes ».

La suite est donc entre les mains des entreprises.

A elles d’élaborer avec détermination des mesures préventives dites « softlaw » qui ne pourront qu’améliorer les relations femme / homme en milieu professionnel.

Face au harcèlement, adoptez les bonnes pratiques !

Rassembler des preuves

Notez et datez dès le premier geste ou la première invective, afin de constituer un éventuel dossier qui réunit tous les éléments de preuve utiles. Traces écrites, mails, sms, messages privés sur Facebook ou Instagram, témoignages etc. Tout ce qui peut attester de la réalité du harcèlement et qui vous permettra de peser dans le rapport de force victime-harceleur-employeur, afin d’obtenir une solution rapide et amiable. Des éléments factuels, en somme, qui seront d’autant plus déterminant dans les cas les plus graves, lorsque la juridiction pénale est saisie.

En parler aux bonnes personnes à l’intérieur de l’entreprise

Dans le cas où l’organisation dans laquelle vous travaillez ne dispose pas de représentant dédié au CSE, vous devez vous adresser au responsable des ressources humaines qui a le devoir de donner suite à votre demande. Encore aujourd’hui, trop de victimes de harcèlement refusent de passer le cap de la parole au sein de l’entreprise si bien que près de 30% d’entre elles n’en parlent à personne.

Chercher du soutien en dehors de l’entreprise

Être victime de harcèlement en entreprise favorise sérieusement le risque d’isolement, de dépression et de mal être professionnel. Ne négligez surtout pas les structures extérieures à votre lieu de travail qui peuvent vous apporter aides et accompagnement. Des associations, à l’instar de France Victimes et AVHT, le défenseur des droits ou encore l’inspection du travail en sont quelques exemples.

Ynov Campus dit non au harcèlement

Au sein des Campus Ynov, l’ensemble de nos intervenants et de nos encadrants sont particulièrement attentifs face au risque de harcèlement des étudiantes et des étudiants. Qu’il soit moral ou sexuel,  le harcèlement est passible de sanctions disciplinaires fortes, pouvant aller jusqu’à l’exclusion définitive.

Contactez au plus vite votre équipe pédagogique si vous êtes témoin ou victime des situations suivantes :

  • des propositions déplacées et répétées
  • des remarques permanentes sur le physique ou la tenue vestimentaire,
  • des moqueries, des commentaires discriminants ou sexuels
  • des questions insistantes et intrusives sur la vie privée
  • du cyber-harcèlement, photo ou message privé diffusé à votre insu

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