Retour sur le festival RADI-RAF avec Matthieu Robin-Prévallée !

Qu’est-ce que les RADI-RAF ?

Les RADI-RAF sont avec le festival d’Annecy l’un des temps forts du secteur de l’animation. Elles se tiennent depuis 2009 à Angoulême et rassemblent pendant trois jours les studios d’animation, les développeurs de logiciels, les écoles ainsi que les pouvoirs publics et associatifs : CNC, Afdas, Audiens, CPNEF.

Festival RADI-RAF

Elles se partagent en deux événements

Les RADI (Rencontres Animation, Développement & Innovation), qui organisent des tables rondes autour des avancées technologiques et des logiciels graphiques développés en France. Les RADI dévoilent les dernières études du CNC et de l’Afdas et fournissent une photographie de l’état de la production d’animation française, mais également les derniers chiffres de l’emploi du secteur.

Les RAF (Rencontres Animation Formation), qui se veulent un lieu de débat entre les écoles et les studios autour des enjeux liés aux développements techniques, et aux évolutions du secteur en termes d’emploi et de qualification des jeunes diplômés.

L’édition 2021, qui a eu lieu fin novembre, a été marquée par des tables rondes sur le développement de pipelines hybrides 2D/3D et l’apparition d’outils d’animation 2D de plus en plus performants sur les grands logiciels 3D tels que Blender et Unreal. Cette édition a été aussi l’occasion de faire un bilan de l’excellente santé de la production française d’animation en 2020.

Édition 2021 : Convergence des outils 3D et 2D

Depuis les années 90, la 3D a souvent été employée pour faciliter le travail des animateurs 2D. Généralement, les véhicules et certaines parties de décors y sont modélisés puis rendus en « lines », avec l’avantage de réaliser facilement les changements de perspectives complexes à mettre en œuvre dans l’animation traditionnelle.

La 3D a offert également la possibilité de créer des mouvements de caméra complexes, impossibles à produire en 2D, l’ensemble de ces sources étant ensuite assemblé dans un logiciel de compositing comme After Effects.

Plus récemment, le logiciel open source Blender, l’un des pionniers du mélange de la 3D et de la 2D avec son module 2D Grease Pencil, a été utilisé pour créer le film d’animation J’ai perdu mon corps de Jérémy Caplin (César 2020). Blender a permis sur une plateforme unique de mélanger les techniques 2D et 3D (modélisation 3D, animation avec Grease Pencil et rotoscopie) et ainsi de produire plus rapidement ce long-métrage tout en donnant plus de souplesse et de possibilités d’itération aux équipes créatives.

Sophie Saget (CEO) et Marc Dijkman (responsable R&D) du Studio Andarta ont animé la conférence « Et si la 2D passait par la 3D ? » des RADI 2021, portant sur les recherches autour de l’outil Blender, réalisées depuis plus d’un an au sein du studio. Andarta Pictures travaille depuis 2020 à l’adaptation du logiciel Blender aux techniques d’animation 2D, avec l’objectif de fabriquer les deux prochaines séries du studio à l’aide de cet outil.

« Blender propose des outils de dessin de qualité professionnelle complètement intégrés à l’environnement du logiciel, ce qui permet, en plus de pouvoir fabriquer de l’animation 2D ou 3D, de créer une passerelle directe entre ces deux techniques et d’accéder à un nouveau champ de possibilités.Il s’agit d’un logiciel à très large spectre qui peut couvrir tous les besoins de la fabrication, du storyboard au compositing »

– Souligne Sophie Saget

En développant son savoir-faire avec Blender, Andarta Pictures espère augmenter la qualité de ses créations en 2D et fluidifier son pipeline. Les outils développés à cette occasion sont proposés en accès libre sur GitLab.

Du côté logiciel, la société Praxinos, représentée par Elodie Moog, était présente lors de la conférence « Nouvelles solutions innovantes au service de l’animation ». Entièrement financé par une MegaGrant d’Epic Game, Praxinos y présentait deux plugins gratuits fonctionnant sur Unreal Engine et dédiés à la 2D :

Iliad, d’une part, qui est un outil de dessin pour peindre des textures sur des objets 3D et qui permet de créer entièrement des animations 2D sur des sprites. Iliad propose une multitude de brush customisables pour réaliser tous types de rendu 2D.

Epos, d’autre part, qui est un plugin destiné à réaliser des storyboards ou des prévisualisations 2D-3D dans Unreal. Il permet notamment aux storyboarders d’intégrer des décors 3D issus des bibliothèques mégascan ou sketchfab et de réaliser dès la préproduction des mouvements de caméra proches du résultat final ; un gain de temps qui peut être appréciable aux équipes de production.

Praxinos prévoit de sortir courant 2022 un logiciel complet d’animation 2D toujours intégré à Unreal, qui devrait un peu plus estomper les frontières entre logiciels 2D et 3D.

Un excellent bilan de l’animation française

La présentation des derniers chiffres du CNC par Benoît Danard montre que le secteur de l’animation française se porte bien, on parle même de plein emploi en 2021-22 et de difficultés croissantes de recrutement des profils d’artistes et de techniciens, tant la demande est soutenue.

Pour illustrer cette bonne santé, la France arrive en 3e (mettre en exposant) position de la production mondiale de programmes d’animation (derrière les États-Unis et le Japon). L’animation a été le premier genre français à l’exportation en 2020, soit 46 % des ventes et préventes de programmes audiovisuels de l’Hexagone. Les programmes d’animation réalisent 66 % de leurs entrées à l’étranger.

En 2020, les ventes d’animation à l’international représentaient 125,4 M€ en progression de 13 % par rapport à 2019. Elles ont plus que doublé en dix ans.

Il est à noter également, côté diffuseur, que France Télévisions arrive en 5e (mettre en exposant) position mondiale après Netflix et WarnerMedia en termes de commandes d’animation… dans un marché en forte demande, car la consommation de programmes jeunesse y a été multipliée par deux en six ans.

Enfin, les réformes du crédit d’impôt pour la production audiovisuelle soutenues par le CNC ont permis la relocalisation d’une part importante de la fabrication de contenus d’animation. En effet, 82 % des dépenses d’animation sont désormais réalisées en France, avec une activité 2,2 fois plus élevée et une progression des dépenses sur le territoire en augmentation de 201 M€ par rapport à 2015.

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